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Disparition de Bernard Coutaz, fondateur et PDG d’Harmonia Mundi

3 Mars 2010 , Rédigé par Gildas Lefeuvre

Bernard Coutaz, fondateur et PDG du label et distributeur Harmonia Mundi est décédé le 26 février à Arles, emporté par une crise cardiaque à l’âge de 87 ans. Il laisse derrière lui une société qu’il n’a cessé de développer depuis sa création en 1958. D’abord installée à Paris avant de prendre Arles pour siège social, Harmonia Mundi est le plus ancien éditeur phonographique indépendant français de musique classique, marché sur lequel Bernard Coutaz faisant jeu égal dans l’Hexagone avec EMI, derrière Universal.

Durant cinq décennies, le label qu’il dirigeait a consolidé et diversifié son domaine d’activités, en assurant sa propre distribution en 1976, en devenant distributeur d’autres labels à partir de 1980, en ouvrant sa première filiale à Londres un an plus tard, en lançant une série de boutiques Harmonia Mundi (elles sont 45 en France et 3 en Espagne aujourd’hui), en s’élargissant à la diffusion et à la distribution de livres en 1988 (20 % du C.A. aujourd’hui et 40 % de l’activité du groupe en France), en rachetant Le Chant du Monde en 1993, en s’ouvrant au jazz et à la world musique… Harmonia Mundi est aujourd’hui un groupe à taille humaine qui possède six filiales (en Allemagne, au Benelux, en Espagne, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Suisse) et emploie 350 personnes dans le monde pour un pour un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros.

Avec la mort de Bernard Coutaz, c’est une figure légendaire du secteur indépendant qui disparait. Outre sa silhouette reconnaissable à son éternel chapeau de feutre noir, on se souviendra de la combativité (il s’est toujours battu contre les dérives mercantiles du marché du disque) et de l’humanité de cet entrepreneur atypique et de caractère. Un an après la création d’Harmonia Mundi, il avait ouvert le capital de sa société à ses clients (ils sont encore 600 actionnaires aujourd’hui) et il avait pour habitude de répartir chaque année 25 % des bénéfices à son personnel, le reste étant investi dans l’activité.

Bernard Coutaz avait préparé sa succession, en créant un comité de gestion l’an dernier et en confiant la relève à Eva Coutaz, sa seconde épouse, qu’il avait nommée directrice générale de la société il y a plusieurs années. Autour d’elle, « toute l’équipe d’Harmonia Mundi s’efforcera avec enthousiasme de perpétuer l’héritage de son fondateur » fait savoir la société.

 « Nous ne sommes pas des extraterrestres avec des grandes oreilles, mais avons des yeux et des mains qui ont envie de voir, de toucher et de posséder. » disait en 2008 Bernard Coutaz, perplexe devant le développement du numérique et farouchement attaché au disque physique.

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