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Virgin Megastore : plan social massif et démantèlement en vue

24 Avril 2013 , Rédigé par Gildas Lefeuvre Publié dans #Entreprises

Quel sera l’avenir de Virgin Megastore, de ses 26 magasins et de ses 960 salariés ? En proie à de sérieuses difficultés financières, l’enseigne s’est déclarée en cessation de paiement le 4 janvier, a déposé le bilan le 9 janvier et été placée quelques jours plus tard en redressement judiciaire avec une période d’observation de quatre mois. La direction de l’enseigne et les élus du personnel ont commencé à examiner le 19 avril les conditions d’un important plan social, présenté par l’administrateur judiciaire, Maître Gérard Philippot, qui avait rejeté le 20 février le plan de relance proposé par la présidente du directoire, Christine Mondollot.  

Pas d’enthousiasme pour les offres

A ce jour, cinq offres disparates « dont quatre franco-françaises et une émanant d’une marque mondiale », ont été déposées au tribunal de commerce de Paris. « Aucune n’est issue des gens de notre profession (…). Je suis très déçue » a déclaré Christine Mondollot. Sur ces cinq offres, trois seulement préservent des emplois. La plus conséquente est celle de Rougier & Plé mais la société spécialisée dans les fournitures pour les métiers d’art ne vise que 11 magasins (dont ceux de Rennes, Plan de Campagne, Dunkerque, Paris grands boulevards, La Défense RER, Nice, Paris Barbès, Carré-Sénart et Saint Quentin) et 286 salariés. Elle est conditionnée à la possibilité de conserver sous licence l’utilisation du nom Virgin (appartenant à Virgin Entertainment, le holding de Richard Branson).

Deux autres offres portent chacune sur la reprise d’un magasin (celui de Bayonne et celui de Barbès à Paris, tandis que les deux dernières sont des offres de rachat de droit au bail ou de résiliations amiables de baux (à Lyon, Rouen, Melun, Torcy et La Défense) mais, précisent les syndicats, « ne maintiennent aucun emploi ». Il s’agit donc d’un démantèlement de la chaîne en perspective. A noter que l’emblématique Megastore des Champs-Elysées (184 salariés), magasin amiral de l’enseigne, n’a fait l’objet d’aucune offre.

Un plan difficile à financer

La reprise de Virgin ne suscitant pas de grand enthousiasme, le plan social s’annonce donc comme important, pour ne pas dire massif (au moins 700 salariés seraient concernés) et très difficile à financer. Selon les Echos, la trésorerie de Virgin, qui était de 35 M€ en début d’année, brûle au rythme de 4 à 5 millions de perte par mois. Ne reste que le fruit de la cession de quelques fonds de commerce et 35 M€ de stocks, qui seront dévalués en cas de cessation d’activité.

Butler Capital Partners, actionnaire majoritaire de Virgin Megastore, s’est cependant engagé à abonder le plan de sauvegarde de l’emploi qui sera présenté, à condition que les entreprises qui reprennent des magasins sans leurs salariés (les syndicats citent Zara et Unibail) fassent de même, ainsi que Lagardère, actionnaire passé minoritaire sur lequel l’intersyndicale compte faire pression pour qu’il abandonne 6,55 M€ de créances. Elle envisage à cet effet de bloquer les stocks de livres Hachette situés dans les magasins.

Patrick Zelnik, dernier espoir ?

Reste à savoir où en est le projet de reprise que Patrick Zelnik, PDG de Naïve, a annoncé étudier à plusieurs reprises. Le mois dernier, il confirmait encore sa volonté de relancer l’enseigne dont il fut le cofondateur avec Richard Branson en 1988. Il disait envisager la reprise de l’intégralité des points de vente, dont le Megastore des Champs-Elysées avec l’idée d’en faire un « grand souk culturel » mêlant musique, images, livres et nouvelles technologies, d’abandonner la marque Virgin au profit d’une nouvelle, Naïve Medina, et de créer des synergie avec la Gaité Lyrique, dont il est président. Bien qu’il continue à se dire « plus que jamais » intéressé, Patrick Zelnik n’a encore déposée aucune offre, en raison, semble-t-il, de difficultés à trouver des partenaires, mais il a encore un mois pour le faire. « Il faut beaucoup d’argent pour reprendre Virgin » convient, dépité, un élu syndical qui n’y croit plus.

Un autre comité d’entreprise est prévu le 26 avril. Le tribunal de commerce doit examiner les offres qui devront être « améliorées tant que d’un point de vue social que financier » le 23 mai et prononcer un jugement sous deux semaines. Un plan social pourra alors être lancé.

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