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Une étude de l’université de Rennes relativise les effets de l'Hadopi

15 Avril 2010 , Rédigé par Gildas Lefeuvre Publié dans #Etudes & Rapports

Selon les résultats d’une étude réalisée par l’université Rennes-1 (groupe M@rsouin, spécialiste des usages numériques, en collaboration avec le Centre de Recherche en Economie et Management) auprès d’un échantillon représentatif de 2 000 personnes et publiée le 8 mars, 15 % des internautes qui utilisaient les réseaux peer-to-peer avant l’adoption de la loi Hadopi ont définitivement cessé de le faire depuis. Mais l’effet dissuasif du vote de la loi est contrebalancé par une autre tendance : l’utilisation d’autres méthodes de téléchargement illégal que le peer-to-peer, en hausse de 27 %. En fait, parmi ceux qui ont abandonné le P2P, un tiers seulement aurait définitivement abandonné le téléchargement illégal, tandis que les autres se sont tournés vers d’autres pratiques alternatives échappant à la loi Hadopi. Les pirates seraient même plus nombreux (de 3%) depuis le vote de la riposte graduée.

L’étude note par ailleurs que, parmi les acheteurs numériques, 47 % pratiquent également le téléchargement illégal ? « En déconnectant les pirates, on se prive d’une grande partie des consommateurs de la culture officielle et payante (…). Dès les premiers débats sur la riposte graduée, on assimilait les téléchargeurs illégaux à des radins. Nous, on montre que c’est l’inverse » explique Raphaël Suire, économiste du groupe M@rsouin, en estimant qu’en coupant leur accès à Internet, « l’industrie culturelle se tire une balle dans le pied ».

Le Snep réfute les conclusions de cette étude. « Il est avéré que le marché du numérique se développe de manière significative dans les pays qui ont mis en place une législation destinée à lutter contre le piratage sur Internet » souligne David El Sayegh, directeur général du syndicat, en estimant qu’il faudra attendre un an après la mise en œuvre effective de la loi avant d’en juger les effets. Même avis pour la Fédération internationale de l’industrie phonographique (IFPI) qui juge l’étude prématurée. « C’est un non sens de suggérer qu’une étude conduite avant l’envoi du premier mail par Hadopi soit considérée comme un jugement définitif sur le succès ou l’échec des lois françaises contre le piratage numérique » réagit son président, John Kennedy, dans un communiqué. 

Rappelons que la CNIL avait déploré, dans son avis rendu sur le texte alors en avant-projet, que le projet de loi ne soit accompagné d’aucune étude préalable. Quoi qu’il en soit, les effets de la loi Hadopi pourraient s’avérer moins positifs que prévus, au vu de l’évolution des pratiques vers d’autres solutions alternatives et surtout vers le streaming.

 

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