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Spotify : le revenu par écoute n’est pas le bon modèle…

17 Décembre 2013 , Rédigé par Gildas Lefeuvre Publié dans #Musique en ligne

Entre 0,006 et 0,084 dollars, avec une moyenne à 0,007, c’est le revenu par écoute sur Spotify. Sur cette base, il faudrait donc atteindre jusqu’à 100 000 écoutes pour générer…700 dollars (509 euros). La plateforme de streaming, qui vient d’ouvrir le site www.spotifyartists.com pour jouer la transparence, relativise le faible rapport pour l’industrie musicale. « Ce sont des chiffres globaux sur les revenus des ayants droit qu’il faut replacer dans un contexte global » commente Mark Williamson, directeur des services aux artistes de Spotify pour l’Europe. 500 millions de dollars auraient été versés en 2013 par la plateforme aux artistes, leurs producteurs et/ou leurs maisons de disques.

Dans un entretien à Ecran Total, Mark Williamson souligne le changement de paradigme induit par le streaming. « Considérer le revenu par écoute n’est pas une bonne approche du modèle économique du streaming » explique-t-il, en s’interrogeant sur le modèle de la vente à l’acte (« est-ce qu’une personne qui achète une chanson et l’écoute 500 fois rapporte plus que celle qui ne l’écoute que 10 fois ? »). Il argue par ailleurs que le taux de réversion de Spotify peut être de deux à quatre fois supérieur à celui d’autres types de plateformes, comme la radio ou le streaming vidéo. La solution selon lui – pour augmenter les revenus des ayants droit – n’est pas de revoir le partage du gâteau mais d’augmenter sa taille (dont aussi la taille des revenus de la plateforme…).

Interrogé sur l’augmentation de la valeur moyenne de l’utilisateur (41 dollars sur Spotify, contre 25 pour un auditeur de musique lambda), il considère qu’elle n’est pas différente de que ce que les labels et artistes ont toujours essayé de faire. « Les consommateurs n’ont qu’un certain montant d’argent à dépenser – que nous essayons de faire croître – et les labels et les artistes essayent de faire en sorte que cet argent soit dépensé pour leur musique. La différence, aujourd’hui, c’est que cet argent a été dépensé, et que c’est l’utilisateur qui arbitre sa redistribution en fonction de ce qu’il écoute ».

Quant à l’atomisation de la rémunération des ayants droit, jugée non via beaucoup de petits labels, Mark Williamson assure qu’à échelle comparable un album rapporte plus sur un service de streaming par abonnement qu’avec le modèle de ventes à l’acte cumulées et que le streaming incite davantage à la découverte, « parce que les utilisateurs peuvent écouter tout ce qu’ils veulent sans contrainte ».

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