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Musique à la radio : le CSA veut aménager les quotas de diffusion

11 Janvier 2014 , Rédigé par Gildas Lefeuvre Publié dans #Audiovisuel

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel envisage des aménagements au régime des quotas de chanson francophone à la radio afin d’encourager la diversité musicale. Dans une nouvelle étude publiée le 7 janvier, portant sur « l’exposition des musiques actuelles par les radios musicales privées – Etat des lieux et perspectives », l’autorité pointe à nouveau la diversité certes, du moins en nombre de titres diffusés, mais surtout la concentration des diffusions : 105 462 titres musicaux différents ont été joués en 2012 sur un panel de 42 stations, soit 3,7% de plus qu’en 2011. Sur ce nombre, 1 981 titres (1,9% du total) ont été diffusés plus de 400 fois dans l’année, représentant à eux seuls près de 69% des diffusions. Et les nouveautés (moins de 12 mois) comptent pour seulement 32,4% des titres diffusés.

Sur ce constat, le CSA juge nécessaire que soient trouvées des « solutions qui, tout en respectant l’esprit de la loi visant à garantir aux artistes de la scène artistiques française une exposition satisfaisante dans les programmes, permettent aux radios de continuer à contribuer à la diversité du paysage radiophonique sur le plan musical ». Pour le conseil, il est « notamment indispensable d’assouplir les obligations pour deux catégories de radio qui œuvrent particulièrement en faveur de la diversité » : celles qui sont confrontées à une production d’expression française limitée dans les genres musicaux sur lesquels est construite leur programmation, et celles qui jouent un rôle de découverte en exposant des titres et/ou artistes peu connus du grand public et faiblement exposés dans les médias.

Il indique toutefois abandonner – « après exploration » - l’idée de plafonner par la loi les diffusions (nombre de passages d’un même titre pouvant être comptabilisé pour le respect des quotas). « Un plafonnement uniforme des rotations n’est pas la réponse pertinente à la préoccupation légitime des producteurs : celle d’exposer le mieux possible les artistes francophones, plus largement les artistes représentatifs de la scène artistique française, et leurs nouvelles productions, qu’ils soient artistes confirmés ou talents en développement, « pour le meilleur soutien possible des ventes de phonogrammes et des revenus des artistes auteurs et interprètes comme de leurs producteurs », estime le Conseil. Egalement abandonnée l’idée d’instaurer des quotas d’œuvres européennes (ne prenant plus en compte le critère spécifique de la langue employée), qui pourrait bouleverser le dispositif actuel en réduisant significativement la programmation des artistes français ou francophones.

Le CSA propose une évolution du conventionnement des radios qui « permette de tenir compte de la réalité de la production artistique et phonographique française actuelle », en intégrant quatre critères objectifs cumulatifs : la variété des interprètes (nombre d’artistes différents diffusés), la variété des œuvres (nombre de titres différents diffusés, avec un minimum conventionnel de chansons d’expression française), les conditions de programmation (conditions éditoriales d’expositions : prestations en direct, part des 40 titres les plus diffusés, rotation moyenne périodique maximale d’un même tire…) et la part des nouveaux talents ou des nouvelles productions diffusées à l’antenne.

Les obligations seraient assouplies pour les radios qui s’engageraient sur ces éléments, tandis que pour celles qui ne prendraient pas un tel engagement, la règle actuelle des 40% (dont la moitié de nouveaux talents ou nouvelles productions, diffusés aux heures d’écoute significatives) demeurerait applicable, « dans sa simplicité et sa rigidité ».A

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