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Manœuvres dans la musique en ligne

4 Octobre 2010 , Rédigé par Gildas Lefeuvre Publié dans #Musique en ligne

Apple veut renforcer son leadership dans la musique en ligne. Avec 275 millions de baladeurs iPod vendus en neuf ans, près de 12 milliards de chansons, 100 millions de films et 450 millions d’épisodes de série TV téléchargés sur sa plateforme iTunes lancée en 2003, une part de marché de 70 % sur les ventes numériques aux Etats-Unis, de 54 % en France et de plus de 80 % dans la plupart des pays européens, la firme à la pomme poursuit son expansion hégémonique. Elle a annoncé le renouvellement de toute la gamme iPod (nouvelles formes, nouvelles fonctionnalités, prix en baisse), le lancement d’un « games center » pour jouer à plusieurs sur iPhone et iPod Touch, une nouvelle version web de son iTunes Store (160 millions de comptes clients), qui va aussi changer de logo, la refonte de son Apple TV (renommée iTV)… Mais la grande nouveauté, c’est le lancement de Ping, un réseau social dédié uniquement à la musique, accessible via iTunes et inspiré par les fonctions de Facebook et de Twitter, et qui pourrait achever MySpace, en plein déclin aujourd’hui. Ping permet de suivre ses artistes préférés et ses amis (leur profil, leurs activités, ce qu’ils écoutent et téléchargent, à quels concerts ils assistent…). Voir www.apple.com/fr/itunes/ping/

De son côté, le géant japonais Sony, décidé à riposter à Apple, a dévoilé son deuxième service de distribution de films et de musique, baptisé Qriocity. Pendant de l’iTunes Store du concurrent, la plateforme sera ouverte cet automne dans cinq pays européens dont la France. En fin d’année, elle proposera un système « music unlimited » pour découvrir de la musique sur Qriocity et la récupérer sur tous les appareils de la marque (téléviseurs Bravia, lecteurs blu-ray, systèmes home theater, PlayStation 3, PC Vaio, baladeurs, téléphones mobiles Sony-Ericsson…). Objectif : rendre le consommateur captif, comme l’a fait Apple avec succès. Ces services utiliseront l’infrastructure technique de PlayStation Network (plus de 50 millions de membres actifs). Marque ombrelle, Qriocity devrait progressivement rassembler toutes les offres de contenu en ligne et de services de Sony.

Microsoft – qui ne pèse que 2,6 % de ce marché aux Etats-Unis – annonce le lancement de son service de musique et vidéos en ligne Zune en Europe. Il devrait être commercialisé en France dès octobre et proposera l’accès à sa plateforme Zune Marketplace (8 millions de titres musicaux et des milliers de vidéos en téléchargement ou en streaming). Le service Zune Pass sera étendu et permettra – pour 9,99 euros par mois – un téléchargement illimité de musique et de vidéos en France, en Espagne, au Royaume-Uni et en Italie. Les contenus seront disponibles sur tous les terminaux de Microsoft (PC sous Windows, consoles de jeu Xbox ; smartphones intégrant Windows Phone 7). La firme entend proposer « un écosystème unique. L’utilisateur pourra écouter et transférer sa musique et sa vidéo très simplement d’un terminal à l’autre » explique son porte-parole, Scott Rowe.

Google a annoncé le lancement de sa propre offre de musique en ligne avant la fin de l’année, Google Music. La firme de Cupertino proposera un service de streaming ou de « locker » (casier virtuel) par abonnement (on parle de 25 $ par an), mais aussi de la vente en téléchargement et une offre de radio personnalisée, type Pandora, financée par la publicité. Le tout permettant aux utilisateurs de disposer d’une discothèque nomade accessible où qu’ils se trouvent. Des négociations seraient en cours depuis plusieurs mois avec plusieurs maisons de disques. « Enfin, il y a une structure disposant de la puissance, des ressources et des moyens permettant de s’attaquer à iTunes et de lui opposer un concurrent formidable rassemblant la recherche et la plate-forme mobile Android » se réjouit un responsable de label qui considère que l’arrivée d’un acteur aussi puissant sur le marché « sera très favorable au business de la musique ». D’autant que « Google dispose de données colossales, via You Tube et via la recherche, qui lui permettent de s’informer sur ce que consomment les gens et sur ce qu’ils cherchent concernant la musique » relève Simon Wheeler, responsable du numérique chez Beggars Banquet.

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