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Les industries culturelles et créatives pèsent... 75 milliards d’euros

24 Novembre 2013 , Rédigé par Gildas Lefeuvre Publié dans #Economie & marché

Près de 75 milliards d’euros, c’est ce que pèsent les industries culturelles et créatives en France selon le « panorama économique » réalisé par le cabinet EY (ex Ernst & Young) à la demande de France Créative, un collectif lancé à l’initiative de Jean-Noël Tronc, directeur général de la Sacem, et qui regroupe de nombreux organismes des filières concernées. Ces 75 milliards – chiffre fort, voire surprenant – sont générés à 82% par les métiers centraux de ces filières et à 18% par les activités connexes (indirectes et induites).

Publiée le 7 novembre, l’étude, d’une ampleur jamais réalisée, a pris en compte neuf secteurs : musique, spectacle vivant, cinéma, livre, jeu vidéo, radio, télévision, presse, arts graphiques et plastiques. Avec pour objectif de dresser, pour la première fois, un tableau exhaustif du poids global des ICC en France, dont la réalité économique et sociale est méconnue et largement sous-estimée. Ainsi, le poids économique direct des industries culturelles et créatives (61,4 milliards) dépasse celui de l’industrie automobile (59 milliards), du luxe (52,5 milliards) et de la défense (17,5), et approche celui des télécommunications (67 milliards) et de l’industrie chimique (69 milliards). Il place la France, avec 4% du PIB, au deuxième rang des pays du G8, derrière les Etats-Unis. Et la culture est l’un des rares secteurs à avoir une balance commerciale positive, souligne Marc Lhermitte, associé EY qui a piloté l’étude, avec un excédent de plus de 300 millions d’euros.

Outre leur poids économiques, les ICC sont par ailleurs un vecteur d’emplois et de croissance important pour le pays. En 2011, elles employaient 1,2 million de personnes en France – soit 5% de l’emploi intérieur total – dont 92% en emplois directs. La musique à elle seule représente près de 241 000 emplois et le spectacle vivant (tous secteurs confondus) plus de 267 000. Et l’ensemble des neuf secteurs connaissent toujours une croissance dynamique, malgré les crises économiques de ces dernières années, avec un taux d’emploi total en progression de 3,5% en moyenne par an entre 2000 et 2007, alors qu’il est de 1% pour l’ensemble de l’économie de l’Union européenne, relève l’étude.

 

Secteurs

Milliards d’euros

Emplois

Arts graphiques et plastiques

19,8

307 716

Spectacle vivant

8,4

267 713

Musique

8,6

240 874

Télévision

14,9

176 467

Cinéma

4,4

105 890

Presse

10,7

101 933

Livre

5,6

79 613

Jeu vidéo

5,0

23 635

Radio

1,6

17 450

TOTAL

74,6

1 228 255

Dont CA direct

61,4

1 124 089

Dont activités connexes

13,2

104 166

Le panorama met aussi en avant le leadership de la France. Notre pays compte la première entreprise de production et d’édition musicale au monde (Universal Music Group), un des leaders mondiaux de l’écoute de musique en streaming (Deezer), le 2ème groupe mondial d’édition (Hachette), le 3èmeéditeur mondial de jeux vidéo (Ubisoft), le 1er télédiffuseur européen (TF1). C’est aussi le 4ème marché de l’art dans le monde, le 3ème producteur de cinéma, le 2ème exportateur derrière les Etats-Unis, le 3ème producteur de films d’animation et le 2ème répertoire musical le plus diffusé au monde après le répertoire anglo-américain.

 

Objectifs et enjeux, ici et à Bruxelles

Les résultats de l’étude interpellent. Objectif atteint ! Il se voulait pédagogique et rectificatif, pour gommer les idées reçues, redorer l’image d’un secteur souvent perçu comme un « gouffre à financements et subventions publiques », promouvoir un discours positif sur la culture à destination des décideurs comme du grand public et peser face aux géants du numérique (Google, Facebook, Apple, Amazon et consorts). Le message, on l’aura compris, est sans ambages : les ICC sont un secteur qui pèse lourd, en termes d’économie et d’emplois et qui présente des enjeux de croissance, de compétitivité, « mais aussi pour le rayonnement mondial de la France », ajoute Jean-Noël Tronc, directeur général de la Sacem, et à l’origine de cette initiative. « Ce panorama nourrit par des chiffres concrets la conviction que nous sommes une partie de l’avenir de la croissance de ce pays. Ce sont des secteurs qui pèsent et dont les emplois, très ancrés dans les territoires, ne sont pas délocalisables », souligne-t-il, en considérant les ICC, pleinement passées au numérique, sont aujourd’hui les industries du futur.

Préfacée par Aurélie Filippetti et huit anciens ministres de la Culture, l’étude doit être prochainement présentée à Matignon et à l’Elysée. Elle va aussi être envoyée à tous les eurodéputés, avec en ligne de mire les élections européennes qui auront lieu en mai 2014 et la perspective d’une nouvelle Commission qui sera mise en place en septembre pour 5 ans.  Le lobby France Creative entend se servir de ce panorama comme levier pour demander la mise en place d’un « véritable agenda culturel et créatif » pour l’Europe, à l’instar de celui conçu pour le numérique, et qui alliera soutien, promotion et régulation. La plate-forme mettra des propositions sur la table au 1er trimestre 2014 « pour peser sur le débat public, avec les créateurs en avant-garde » et va, à cet effet, solliciter des personnalités (les « anges ») au printemps prochain pour porter cet objectif. « L’avenir de l’Europe numérique passe d’abord par les industries culturelles et créatives qui doivent devenir une priorité », insiste Jean-Noël Tronc.

On peut télécharger le panorama économique complet (76 pages) sur le site www.francecreative.fr.

(*) Les membres de la plate-forme France Créative : ADAGP (arts graphiques et plastiques), Adami (artistes interprètes), AIPG (presse), Fesac (entreprises du spectacle vivant, de la musique, de l’audiovisuel et du cinéma), ESML (services de musique en ligne), Procirep (producteurs de cinéma et télévision), Prodiss (producteurs, diffuseurs et salles de spectacles), Sacem (auteurs, compositeurs et éditeurs de musiques), Snep (édition phonographique), SNJV (jeu vidéo), SPPF (producteurs phonographiques) et UPFI (producteurs phonographiques indépendants).

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