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Les éditeurs phono se défendent et annoncent leurs priorités

30 Janvier 2010 , Rédigé par Gildas Lefeuvre Publié dans #Points de vue

Le rapport Zelnik a été largement commenté par les divers organismes professionnels français au cours du Midem. « Nous ne sommes pas d’accord avec le diagnostic » a fait savoir le Snep lors de sa conférence de presse. Le syndicat des éditeurs phonographiques a tout d’abord tenu à démentir que le marché numérique ne décolle pas en France (« C’est faux, il est dynamique, il compte pour 15 % contre 8 % en Allemagne »), que les majors freinent son développement (« les catalogues sont déjà disponibles partout ») et qu’il est trop concentré. « La France est le pays où il y a le plus de plateformes et l’ un des pays où iTunes est le moins fort, avec une part de marché de 35 à 40 %, pas 80 % comme aux Etats-Unis » indique Pascal Nègre, président d’Universal France. « Notre intérêt à tous est qu’il y ait de nouveaux entrants industriels », ajoute Thierry Chassagne, président de Warner Music France.

 

Non à la gestion collective de la musique en ligne

Le Snep a réaffirmé sa farouche opposition à la mise en place d’une gestion collective pour la musique en ligne, telle que préconisée par le rapport Zelnik. « Nous n’avons rien contre la gestion collective mais on ne veut pas qu’elle soit obligatoire. Ce serait une solution locale à une problématique internationale » a déclaré David El Sayegh, directeur général du Snep. « Pourquoi une gestion collective sur le téléchargement et pas sur le physique ? On peut le faire, ça s’appelait Melodiya en Russie. On a vu ce que ça a donné… », ironise Pascal Nègre.

Les membres du syndicat ont aussi répondu aux critiques dont ils font l’objet concernant le partage des revenus numériques, arguant qu’ils ne margent pas plus que dans le physique, que les frais de numérisation sont élevés et les frais fixes identiques. Les majors soulignent au passage que la part des indépendants est y plus élevée (35 % sur iTunes et 40 % sur Deezer, contre 25 % sur le marché physique). Interrogées sur leurs relations avec les plateformes numériques, les avances qu’elles leur réclament et les prises de participation, elles rétorquent d’une part que les avances sont aujourd’hui recoupées et qu’elles ont un effet « incentive », et d’autre part que les prises de participation sont minoritaires et qu’elles ne sont pas l’apanage des majors. 

 

Les priorités du Snep pour 2010

Les éditeurs phonographiques ont aussi fait connaître leurs priorités pour 2010. En tête : la mise en place de la loi Création & Internet (« C’est la fin de la récréation et de l’impunité » a commenté David El Sayegh) et la promotion de l’offre légale, avec le lancement de la carte musique (« un.pass numérique essentiel pour booster le marché, avec l’effet équivalent de la prime à la casse pour le marché automobile ») et d’une campagne de communication. Ces deux mesures sont, avec l’amélioration du crédit d’impôts, les points les plus positifs du rapport Zelnik, selon le Snep. Les autres priorités du syndicat : le renforcement des synergies avec les opérateurs Internet (dans le respect des engagements du rapport Olivennes, notamment en ce qui concerne les technologies de filtrage), la question de l’exposition médiatique en radio et en TV (concentration, défaut de musique à la TV, nécessaire révision de la définition des heures d’écoute significatives), le grand emprunt pour la numérisation des catalogues (« pourquoi pas une aide pour les producteurs ? ») et l’harmonisation de la TVA sur les biens culturels.

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