Mardi 23 avril 2013 2 23 /04 /Avr /2013 18:09

 

Sur un total de 127 000 événements, quelque 95 800 concerts de variétés et festivals ont été recensés en 2012, soit 262 par jour. Un nombre en hausse de 2 % par rapport à 2011, auquel s’ajoutent 10 500 concerts symphoniques. Tels sont quelques-uns des premiers chiffres que vient de communiquer la Sacem, en attendant de dévoiler le 25 avril au Printemps de Bourges une étude sur le spectacle vivant en termes de droits d’auteur. Au top 10 des artistes ayant généré le plus de droits par leurs spectacles, Johnny Hallyday, Madonna et Coldplay forment le tiercé de tête, suivis de Julien Clerc, Scorpions, Laurent Gerra, M. Pokora, puis Sexion d’Assaut, Lady Gaga et Metallica. Parmi les spectacles musicaux, « 1789, les amants de la Bastille » est celui qui a généré le plus de droits l’an dernier, devant « Dracula », « RFM Party 80 », « Age tendre et tête de bois » et « Les Restos du Cœur ». Viennent ensuite « Adam & Eve », « The Voice Tour 2012 », « Voca People », « Salut les Copains » et « The Australian Pink Floyd Show ».

Côté festivals, celui des Vieilles Charrues a été le plus générateur de droits, devant Rock en Seine et les Eurockéennes, Solidays et les Nuits de Fourvière. Musilac, Main Square, Nice Jazz Festival, Carcassonne et Jazz à Vienne complètent le top 10. Le profil-type des artistes ayant perçu des droits grâce à leurs concerts en 2012 ? Entre 30 et 45 ans, résidant en France et majoritairement en Ile-de-France, compositeur à 91% et masculin pour l’essentiel (88 %). La Sacem constate que les 12% de femmes recensées parmi les artistes qui ont donné des concerts l’an dernier ont perçu des revenus inférieurs de 20% à ceux des artistes masculins. Elles sont compositrices à 80%, parfois auteures (20%) et ont entre 32 et 38 ans.

Origine des droits et concentration

Avec 79,4 millions d’euros perçus l’an dernier, les droits d’auteur sur les spectacles (concerts, tournées, festivals et autres) sont en hausse de 3% sur un an et de 14% sur les cinq dernières années). Comptant pour 10% des perceptions globales de la Sacem (soit autant que les revenus collectés à l’international et plus que les droits perçus sur les ventes de supports physiques), ils proviennent à 44% des festivals, salles de musiques actuelles et centres culturels, à 30% des tourneurs, à 5% des concerts de musique symphonique et tout autant des spectacles de cabarets, le solde étant perçu auprès de spectacles divers (ballets, cirques…).

En termes géographiques, la région Ile-de-France concentre 14% des droits collectés (le Stade de France représente à lui seul 13% des droits dans le secteur « tournées ») et 14% sur les seuls concerts de musiques actuelles. Les régions Rhône Alpes, Paca, Bretagne et Pays de la Loire représentent 32% sur ce secteur. Les 100 plus gros tourneurs génèrent 98% des perceptions et les 100 plus grosses tournées 80%. Sur l’ensemble des droits collectés sur le spectacle vivant, la Sacem a réparti l’an dernier 61,3 M€ pour 1 million d’exécutions publiques de 234 000 œuvres différentes, dont 66% d’œuvres françaises. Mais si le spectacle vivant dans sa globalité renoue avec la croissance pour la seconde année consécutive, les tournées – qui représentent une part importante de son économie (54% des séances recensées mais 30% des droits – sont en recul (pour la troisième année) de 9,5%.

Spectacle vivant et numérique

La Sacem présentera son étude au Printemps de Bourges, où elle organise une table ronde le 25 avril à 11h (à l’amphithéâtre du Muséum) sur le thème « Spectacle vivant : l'atout numérique », ou  comment le numérique a favorisé l’innovation et l’exposition du spectacle vivant. Constatant que « le spectacle vivant se porte bien malgré des évolutions contrastées », elle dressera un état des lieux de l’impact du numérique sur le secteur du spectacle, puis abordera les pratiques professionnelles de ses acteurs (organisateurs de festivals, managers, artistes et éditeurs) et leur adaptation au numérique, en réfléchissant également à l’impact réel de celui-ci sur le public. Interviendront Dana Al Salem (PDG de FanFactory), Bruno Lion (gérant des éditions Peermusic), Laurent Sabatier (directeur du Nouveau Casino à Paris), Hervé Cocto (directeur de Music Media Consulting), Issam Krimi (artiste-musicien et cofondateur de Music Unit) et Andras Derdak (directeur du Sziget France). 

Par Gildas Lefeuvre - Publié dans : Spectacle vivant
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Gildas Lefeuvre est depuis une vingtaine d’années un observateur privilégié de la filière musicale, de son marché et de ses tendances, de ses enjeux et de ses mutations.

Journaliste spécialisé, il a collaboré à de nombreuses publications B to B, dont Show Magazine, le Bulletin des Rotations, Radio & Musique Info, Radio Activité (Québec), Ecran Total, Notes (le magazine de la Sacem), L’Année du Disque, Francophonie Diffusion, Visa Permanent et Midem News. Il a lancé le bulletin Obs Line et fut rédacteur en chef de La Lettre du Disque avant d'assurer la rédaction en chef et la direction de la rédaction de Musique Info de 2001 à 2006.

Gildas Lefeuvre est par ailleurs auteur de l'ouvrage "Le producteur de disques" (Editions Dixit, 1994 et 1998). Fondateur de l'Observatoire du Disque et de l'Industrie Musicale en 1995, il a réalisé plusieurs études, notamment pour Zone Franche, l'European Music Office (Bruxelles) et le Sppam (Syndicat des producteurs de programmes audiovisuels musicaux). 

Fréquemment sollicité pour des tables rondes, l’animation d’événements professionnels ou des conférences (Trempolino, PopKomm, mission économique de l’Ambassade de France à Séoul, Club Culture & Management, Electronic Business Group, BNF, Mimpi, EAC, PMC, Protoclip, Sacem, CNV, MaMA…), il mène aussi des actions de formation sur la filière musicale depuis une vingtaine d’années (Inirep d'Issoudun, Irma, EAC/Artis, Sorbonne Audiovisuel, Adiam 78, Fac Censier, Itemm, Virgin Academy, Domaine Musiques, Pitch Music Center, Addav 56, Culture & Développement…), en France et en Afrique de l'Ouest francophone (Abidjan, Ouagadougou, Lomé, Cotonou).

Gildas Lefeuvre est également consultant. Au cours de son parcours, des sociétés telles MCA International, M6, DocuSoft, FKGB, Arcade, Dial, BMG France, Virgin, CMI, les Editions Crayon Bleu, le Nomura Research Institute (Japon), musicMe, Universal Music, Reed Midem, diverses structures d'Europe de l'Est, des artistes, des porteurs de projets, des organismes professionnels et des parlementaires ont sollicité son expertise. Tout comme Reed Expositions France qui lui a confié la conception et l'organisation du programme de conférences du Salon de la Musique et du Son 2008.

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