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L’état des lieux et l’évolution de l’offre numérique de 2007 à 2011

7 Octobre 2012 , Rédigé par Gildas Lefeuvre Publié dans #Musique en ligne

L’Observatoire de la musique vient de publier son « état des lieux «  de l’offre de musique numérique, qui analyse sans concession l’évolution du marché digital sur 9 semestres de 2007 à 2011. Pendant cinq ans, celui-ci a été passé au crible à travers 46 indicateurs (offres de services, contenus, répertoires, régimes juridiques, accès, fonctionnalités, tarifs, qualité de l’offre…). Quelque 150 sites au total ont été observés, dont 50 – soit 33% de l’échantillon – ont cessé leur activité entre temps, soit par rachat, fusion, dépôt de bilan ou diversification. « La plupart n’ont pas survécu aux principes de réalité et à l’exigence nécessaire pour tenter de pérenniser leur activité » commente l’Observatoire. Sur le total, 27 services de musique en ligne observés au second semestre 2007 subsistent encore au second semestre 2011, ce qui témoigne d’un important turnover sur ce secteur.

L’étude pointe l’hyper concentration du marché autour de deux opérateurs – iTunes (plus de 70 % des ventes en téléchargement des majors) et Deezer (leader du streaming avec 69,1 % de parts de marché), qu’elle juge préoccupante. « 2012 est sans doute un prélude à un grand mouvement de concentration des offres » diagnostique même l’Observatoire. Il relève aussi des « pratiques contractuelles juridiques et commerciales discriminatoires, peu adaptées au développement d’offres de services européens », et des « abus de droits avérés, laissant à la seule appréciation des opérateurs, des modes de contractualisation imposant des conditions défavorables au jeu de la concurrence ».

L’Observatoire de la musique constate que les relations contractuelles se sont nettement améliorées en France depuis 18 mois (rapport Waignier) mais qu’il reste encore à faire pour atteindre un cercle vertueux de normes juridiques et technico-commerciales permettant d’offrir aux arrivants sur ce marché – où les tickets d’entrée sont très élevés – « la possibilité d’optimiser sur le moyen-long terme les capacités financières et d’innovation technique dont ils sont ou seraient porteurs »  Sont par ailleurs évoqués : l’amélioration de la traçabilité des droits de la part des éditeurs en ligne « dont la qualité du reporting est une condition d’octroi de marges supplémentaires », la « faiblesse insigne des services commerciaux, surtout les services après-vente qui doivent accompagner le développement de ce marché » et les « nouveaux problèmes d’interopérabilité au vu des systèmes propriétaires développés et de plus en plus défendus par les industriels qui n’ont de cesse d’imposer leur écosystème ».

L’observatoire note l’élargissement de l’offre (certains sites offrant jusqu’à 20 millions de titres) ainsi qu’une plus grande personnalisation de la consommation mais estime que « cette abondance peut être synonyme de perte de sens, d’embarras et de désorientation » et que les nouveaux systèmes de prescription et de recommandation proposés par les éditeurs de services et les réseaux sociaux tendent à profiler une segmentation artificielle de la demande. Selon l’étude, « c’est ce principe oxymorique d’une relative « pauvreté de l’abondance » qui confine certains à dénoncer, encore et toujours, le manque d’offre légale et de diversité musicale alors que la musique n’a jamais été autant exposée ».

On peut consulter et télécharger le document complet (68 pages) au lien suivant :

http://observatoire.cite-musique.fr/observatoire/document/Mnum_2007_2011.pdf

 

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