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FOCUS : L’activité et l’économie des festivals de musiques actuelles

14 Juillet 2010 , Rédigé par Gildas Lefeuvre Publié dans #Spectacle vivant

Pour mieux cerner la structuration et la diversité des festivals, leur économie et leur évolution, un groupe de travail coordonné par le CNV a mis en place des indicateurs d’activité. Lequel vient de livrer ses premiers résultats. Un tableau de bord sera désormais publié chaque année.

Sur l’ensemble des spectacles de variétés et de musiques actuelles diffusés en France en 2008, 11 % du total des représentations ont eu lieu dans le cadre des festivals, selon les statistiques du CNV. Ceux-ci ont ainsi représenté 17 % de l’assiette totale déclarées au titre de la taxe fiscale sur les spectacles (soit 72,7 millions d’euros de billetterie et de contrats de cession hors taxe) et 22 % de la fréquentation des représentations payantes. L’ensemble des festivals ne constitue pas une population hétérogène mais témoigne d’une grande diversité, en termes de programmations, de formats et d’économies. Ils partagent en revanche des tendances de fond : l’accroissement de la professionnalisation des équipes, la hausse des charges, la diversification des sources de financement et des inquiétudes face à une baisse redoutée des subventions publiques…

Le groupe de travail, composé de représentants des festivals, de leurs fédérations et réseaux, a traité transversalement les informations envoyées au CNV par les festivals ayant déposé des demandes de subventions entre 2005 et 2008. Les données étudiées portent ainsi sur un échantillon représentatif (100 à 140 festivals par an, soit 539 éditions) réparti sur l’ensemble du territoire. Pour mesurer les évolutions sur cette période, il n’a été tenu compte que des 80 manifestations communes aux quatre années.

Programmation et durée

Les festivals étudiés ont en moyenne 16 ans d’existence. La période d’été concentre 45 % des événements chaque année. Les autres se déroulent à nombre quasi égal à l’automne et au printemps, tandis que moins de 10 % se déroulent en hiver. En moyenne, un peu moins de 36 groupes et artistes ont été accueillis par festival en 2008 (contre 38,3 en 2005). Près de la moitié des festivals ont dépassé les 30 noms à l’affiche par édition, et 18 % ont dépassé plus de 50 artistes. Au sein des charges artistiques, les sommes consacrées à l’achat ou l’engagement des groupes ont augmenté de près de 24 % en moyenne par groupes. Pour pallier l’augmentation importante des concrets de cession (notamment sur les têtes d’affiches), les festivals ont été contraints de programmer moins d’artistes, de baisser légèrement la durée de leur manifestation (passée en moyenne de 8 jours en 2005 à 7,5 en 2008, mais certains festivals ne durent que 2 jours, d’autres 29, voire deux mois) et/ou leur nombre de scènes ou de salles (9 espaces par festival). Le CNV relève que les festivals de musiques traditionnelles, du monde et de jazz ont tendance à dérouler sur une période plus longue et dans un plus grand nombre de lieux de diffusion. Près de la moitié des 539 manifestations étudiées se déroulent en salle, 33 % en plein air et 20 % à la fois en salles et en plein air.

Hausse des charges

Le budget moyen est de 800 000 € en 2008 sur les 80 festivals pris en compte, mais plus de 50 % d’entre eux ont un budget inférieur à 400 000 €. Un quart des festivals se situent entre 100 000 et 200 000 € de budget. En termes de postes de charges, l’artistique occupe la part la plus importante pour les festivals de jazz, de musiques traditionnelles ou du monde, de chanson et tous genres musicaux (plus de 30 %). Mais les coûts logistiques et techniques passent en tête pour les festivals de musiques actuelles sans distinction esthétique, de musiques amplifiées et électroniques (catégorie dans laquelle on retrouve les festivals de plein air : Eurockéennes, Vieilles Charrues, etc.), qui consacre moins de 20 % de leur budget à l’artistique.

 

Postes de charges

Part du budget

Evolution 2005-2008

Technique et logistique

34 %

+ 22 %

Artistique

29 %

+ 22 %

Fonctionnement

16 %

+ 20 %

Communication

8 %

+ 6 %

Droits et taxes

5 %

+ 23 %

Bar et buvette

4 %

+ 24 %

Autres charges

4 %

 

Les festivals ont enregistré une nette augmentation de leurs charges entre 2005 et 2008, de 20 % en moyenne sur les 4 années, avec un pic à 11 % entre 2005 et 2006. Mais les évolutions diffèrent selon les esthétiques et la taille des événements.

Le budget total et les charges artistiques ont moins augmenté pour les festivals de musiques traditionnelles, du monde et jazz, tandis que les dépenses techniques et logistiques ont nettement grimpé pour les manifestations aux budgets supérieurs à 1 million d’euros. Ce que le CNV explique par le fort mouvement de professionnalisation des équipes des festivals ces dernières années, et par l’accentuation des contraintes concernant le respect de la législation et les règles de sécurité. L’augmentation des charges techniques et artistiques ont contraint les festivals à multiplier les sources de produits, notamment à faire appel à davantage de financements privés « pour éviter de ne faire porter que sur la billetterie le surcroît de financement nécessaire ».

 

Postes de produits

Part du budget

Evolution 2005-2008

Recettes propres : billetterie

36 %

+ 27 %

Recettes propres : buvettes et concessions

10 %

+ 27 %

Recettes propres : autres

2 %

 

Partenariats et sponsoring

10 %

+ 57 %

Subventions : organismes professionnels

5 %

+ 5 %

Subventions : Etat

4 %

- 10 %

Subventions : collectivités locales

26 %

+ 22 %

Autres

7 %

 

 

La part de recettes propres est en moyenne de 48 % sur l’ensemble des manifestations prises en compte, mais elle monte à plus de 60 % du budget total dans les festivals de musiques actuelles, amplifiées et électroniques. Concernant la hausse des recettes de billetterie (de 27 % en moyenne), elle est à pondérer. Majoritairement due à l’accroissement de la fréquentation payante (+ 15 % sur 4 ans) et du prix moyen  des billets (+ 12 %), elle n’a pas empêché de nombreux festivals d’éprouver de grandes difficultés financières. « L’accroissement des recettes propres n’est donc pas synonyme d’accroissement de la rentabilité des festivals » souligne le CNV. L’organisme reste par ailleurs prudent face à l’évolution du soutien des collectivités territoriales (+ 22 % jusqu’en 2008) et des partenariats privés (+ 57 %), dont la baisse « annoncée et redoutée par le secteur » semble s’amorcer au vu des premiers chiffres disponibles pour 2009 et des budgets prévisionnels 2010.

Voir les résultats à l’adresse www.cnv.fr/contenus/pdf/ressources/Synthese_indics_festivals.pdf.

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