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ETUDE - L'apport de la culture à l'économie nationale

14 Janvier 2014 , Rédigé par Gildas Lefeuvre Publié dans #Etudes & Rapports

La culture contribue pour 3,2% à la richesse nationale et emploie 670 000 personnes, selon l’étude conjointe que viennent de publier l’Inspection générale des finances (IGF) et l’Inspection générale des affaires culturelles (IGAC). En ressort que les activités culturelles représentent en 2011 une valeur ajoutée de 57,8 milliards d’euros, auxquels s’ajoutent 46,7 milliards d’activités induites, soit près de 105 milliards d’euros d’apport à l’économie du pays. Les chiffres, qu’on ne manquera pas de rapprocher de ceux du panorama économique des industries culturelles et créatives publié par France Créative en novembre (75 milliards d’euros), peuvent laisser perplexe, tant la méthodologie et le périmètre pris en compte divergent. Bercy et la rue de Valois se sont basés sur les « activités spécifiquement et indirectement culturelles », à travers 11 « regroupements sectoriels » : spectacle, patrimoine, arts visuels, presse, livre, audiovisuel, publicité, architecture, cinéma, industries de l’image et du son (incluant jeux vidéo, musique enregistrée, partitions et instruments de musique, vidéo), accès aux savoirs et à la culture. D’où des résultats qui peuvent s’avérer sensiblement différents.

Une « production » économique de 130 milliards d’euros…

L’étude IGF/IGAC (390 pages) va plus loin en distinguant, au-delà de la valeur ajoutée, les activités induites (47 Mds€) et les autres « consommations intermédiaires » (intra branches, consommation des activités indirectement culturelles) estimées à 25 Mds€. Ce qui lui permet de mettre en avant deux agrégats : l’apport de la culture à l’économie nationale (valeur ajoutée + activités induites) pour 105 milliards d’euros, et la « production » (valeur ajoutée + activités induites + autres consommations intermédiaires) amenant à 130 milliards d’euros. Un total donc conséquent qui résulte d’une acception très large de la « culture », puisque les activités indirectement culturelles intègrent par exemple la part des entreprises de BTP spécialisées dans la restauration du patrimoine bâti (pour 5,6 Mds€) et les rayons culturels des grandes surfaces…L’étude convient d’ailleurs que la production totale de biens et services culturels est un agrégat « délicat méthodologiquement », des doubles-comptes étant susceptibles d’exister entre deux entreprises commerçant entre elles. En ce qui concerne le seul secteur « musique », difficile d’en dégager le poids réel puisque une part est prise en compte dans le « spectacle vivant » (aux côtés du théâtre, de la danse, du cirque et des arts de la rue) et une autre, celui de la musique enregistrée, est intégrée dans les « industries de l’image et du son ».

 

Secteur

Valeur ajoutée

Activités induites

Autres

Total

(production)

 

Spectacle vivant

 8,8

7,9

0,7

17,5

 

Patrimoine

 8,1

1,0

6,9

16,0

 

Arts visuels

 5,7

3,1

4,5

13,3

 

Presse

 5,7

6,0

3,3

15,0

 

Livre

 5,5

5,3

4,6

15,4

 

Audiovisuel

 5,1

9,9

0,5

15,6

 

Publicité

 5,1

5,4

1,3

11,8

 

Architecture

 4,4

1,0

0,9

6,3

 

Cinéma

 3,6

4,5

0,5

8,6

 

Industries image et son

 3,4

2,1

2,0

7,5

 

Accès à la culture

2,3                                            

-

0,5

2,8

 

En termes d’emplois, l’étude en dénombre 670 000 dans les entreprises culturelles – soit 2,5% de l’emploi en France – mais cite aussi 870 000 emplois « culturels » dans toutes les entreprises. S’agissant d’une source Insee, on précisera que, reposant sur la nomenclature d’activités NAF, le chiffre est loin d’être précis, compte tenu de la disparité des codes dont peuvent se revendiquent les différentes structures d’une même activité. Le rapport fait par exemple état de 17 064 emplois dans le secteur « industries de l’image et du son » (qui regroupe musique enregistrée, jeux vidéo, partitions et instruments de musique, vidéo), tandis que l’étude France Créative évaluait les emplois dans le seul secteur musique (activités directes) à 240 874. De quoi s’y perdre… Pour autant, l’objectif de la mission lancée par le ministère de la Culture et Bercy est rempli, à savoir « mieux mesurer le poids de la culture dans l’économie ». Il s’agissait aussi de « déterminer les leviers d’actions qui permettraient d’utiliser pleinement le potentiel de croissance des industries culturelles ».

Près de 14 milliards d’intervention de l’Etat

Est par ailleurs cernée l’intervention de l’Etat en faveur de la culture. Elle était de 13,9 milliards d’euros en 2012 (dont 11,6 Mds€ de crédits budgétaires, 1,4 Mds€ en dépenses fiscales et 0,9 Mds€ en taxes affectées à des organismes de redistribution tels CNC, CNL, CNV…). De ce total, le rapport retient 9,3 Mds€ comme ayant un impact direct sur l’économie des secteurs culturels, soit 7,2% de la production. La culture « n’est donc pas tant subventionnée que cela par l’Etat » commente le ministère qui lui est consacré. L’étude note que quatre secteurs sont faiblement impactés par l’intervention publique, parmi lesquels les industries de l’image et du son (incluant la musique enregistrée). S’ajoutent à l’intervention de l’état (qui ne tient pas compte du déficit de l’assurance-chômage des intermittents, évalué entre 320 M€ et 1 Mds€) les dépenses des collectivités territoriales évaluées à 7,6 milliards, « dont une partie vient de l’Etat compte tenu des flux croisés de financement ».

Enfin l’étude tente analyser la corrélation entre les implantations culturelles structurelles (équipement fixe, festivals reconduits sur la durée) et le développement à long terme d’un territoire. Les évaluations menées « montrent l’existence d’un impact substantiel » : l’impact global direct d’un festival, par exemple, peut être de l’ordre du tiers ou de la moitié de son budget d’organisation, avec un coefficient multiplicateur de 1,3 à 1,8 d’effet indirect dans le tissu économique local. Et le rapport met en lumière une corrélation positive entre implantations culturelles et performances socioéconomiques (salaire net horaire moyen, part des actifs, population totale, prix du mètre carré, nombre de création d’entreprises…).

Sur l’ensemble de l’analyse, les deux ministres concernés, Pierre Moscovici (économie) et Aurélie Filippetti (culture) veulent « conforter, dynamiser et renforcer la place et la compétitivité du secteur de la culture dans l’économie, au service du rayonnement national et de la vitalité de nos territoires ». Ils assurent que les réformes et les évolutions des dispositifs de soutien se poursuivront en 2014, « dans le cadre notamment de la loi sur la création ».

Le rapport (390 pages) peut être téléchargé au lien suivant : http://www.culturecommunication.gouv.fr/Actualites/Missions-et-rapports/L-apport-de-la-culture-a-l-economie-en-France-rapport

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