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Concentration : Universal Music Group rachète EMI

22 Novembre 2011 , Rédigé par Gildas Lefeuvre Publié dans #International

Le sort d’EMI, qui alimentait moult scenarii depuis quelques mois, est scellé. Après avoir manifesté son intérêt puis s’être un moment retiré des enchères, Universal Music Group (UMG, filiale de Vivendi) a finalement signé le 11 novembre un accord définitif de rachat avec la banque américaine Citigroup* pour 1,2 milliard de livres sterling (1,4 milliard d’euros). Cette annonce met un terme à des années d’incertitudes et de plans sociaux pour les salariés de la major britannique. L’acquisition ne concerne que la branche musique enregistrée d’EMI. Citigroup a cédé parallèlement – pour 2,2 milliards de dollars – les activités d’édition, EMI Music Publishing, à un groupe d’investisseurs mené par Sony et comprenant les fonds Blackstone et KKR, la succession de Michael Jackson et le groupe allemand Bertelsmann. Au total, EMI aura été valorisée 4,1 milliards de dollars. Cette fusion va créer une « entreprise très puissante au moment où le secteur de la musique connaît un rebond. C’est donc le bon moment » a commenté Jean-Bernard Levy, président du directoire de Vivendi.

Une méga major en perspective

Numéro un du secteur, Universal Music Group possède le plus important catalogue de musique enregistrée au monde (productions et licences détenues à 100 % sur 59 territoires) qui rassemble les artistes les plus populaires et leurs enregistrements au cours des 100 dernières années. Parmi ses nombreux labels, figurent A&M/Octone, Decca, Def Jam, Deutsche Grammophon, Disa, Emarcy, Fonovisa, Geffen, Interscope, Island, Lost Highway, Machete Music, MCA Nashville, Mercury, Polydor, Motown, Universal Music Latino, Universal Republic et Verve, ainsi qu’une multitude de labels détenus ou distribués par ses filiales partout dans le monde.

De son côté, EMI Group est l’une des plus prestigieuses et emblématiques entreprises de musique, dotée d’un riche héritage culturel, d’un incroyable portefeuille de talents et d’un patrimoine de grande valeur. Présente partout dans le monde, sa division EMI Music produit et distribue des artistes représentant toutes les tendances et genres musicaux via des labels tels que Angel, Astralwerks, Blue Note, Capitol, Capitol Latin, Capitol Records Nashville, EMI Classics, EMI CMG, EMI Records, EMI Records Nashville, Manhattan, Parlophone, Virgin Classics et Virgin Records.

Une fois l’acquisition effective, les majors – qui totalisent 70 % du marché mondial de la musique enregistrée – ne seront donc plus que trois : Sony Music, Warner et le mastodonte Universal/EMI. La filiale de Vivendi s’octroie ainsi 10 % de part de marché supplémentaire et va ainsi approcher les 40 % à elle seule (les dépassant même en France).

Absorption mais culture et diversité artistique préservées ?

Il s’agit d’une acquisition historique pour UMG, convient son PDG Lucian Grainge, qui s’engage à préserver la culture et la diversité artistique d’EMI ainsi qu’à investir dans ses artistes et à faire confiance à ses collaborateurs pour développer l’entreprise. « Ainsi, nous serons à même de saisir pleinement les nombreuses opportunités présentes sur le marché, et nous serons aussi en mesure de mieux répondre aux attentes de nos artistes, de nos auteurs, de nos compositeurs et de nos partenaires commerciaux, tout en proposant plus de choix aux passionnés de musique », indique-t-il.

Jean-Bernard Lévy, le président du directoire de Vivendi, se veut lui aussi rassurant : « Nous avons la plus grande admiration pour les labels d’EMI ainsi que pour les artistes et les salariés qui contribuent à leur succès. Ils trouveront stabilité et pérennité au sein de notre groupe, dont le siège est en Europe ». Et d’ajouter : « Nous prévoyons d’acquérir les activités de musique enregistrée d’EMI dans de très bonnes conditions et en respectant nos principes de stricte discipline financière. Nous sommes confiants dans notre capacité à créer de la valeur pour nos actionnaires grâce à notre connaissance de ce métier et à notre capacité à réussir des intégrations ».

Vivendi financera cette opération par tirage sur ses lignes de crédit existantes et par la cession de 500 millions d’euros d’actifs non stratégiques d’UMG (les studios d’Abbey Road, qui restent un symbole d’EMI et de la culture britannique, seront conservés). Elle aura un impact positif sur les résultats et les bénéfices par action de Vivendi, indique le patron du groupe français, en précisant que la finalisation de cet accord reste cependant « liée à un certain nombre de conditions et notamment l’approbation par les autorités réglementaires des pays et continents concernés ».

(*) Le groupe EMI avait été racheté dans son ensemble en 2007 par le fonds d’investissement britannique Terra Firma, dirigé par Guy Hands, pour la somme colossale de 4,2 milliards de livres. Mais le repreneur, après avoir sabré les effectifs et les dépenses, n’a pas réussi à sortir la major de son endettement excessif et en a perdu le contrôle en février dernier. EMI a alors été saisie par Citigroup, son principal créancier.

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