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Abandon du CNM : EIFEIL dénonce une trahison

12 Septembre 2012 , Rédigé par Gildas Lefeuvre Publié dans #Politiques culturelles

EIFEIL (Editeurs Indépendants Fédérés En Ile de France) a publié aussi de son côté une « lettre ouverte » à la  ministre de la Culture et de la communication. Tout d’abord en lui rappelant le discours tenu par François Hollande, pendant la campagne présidentielle, le 19 janvier à Nantes lors des Biennales Internationales du Spectacle (BIS), accompagné de Jean-Marc Ayrault et d’Aurélie Filippetti, dans lequel il déclarait : « Je reprendrai le chantier du Centre National de la Musique, pour en faire un outil au service de la diversité culturelle et de l’ensemble du spectacle vivant, et pas seulement de la musique enregistrée »… La fédération rappelle aussi que l’ensemble des maillons et métiers de la musique s’étaient pour la première fois rassemblés en un écosystème global autour d’un même projet salutaire.

« Trahir sa parole c’est briser l’horizon annoncé ! Et notre filière semble avoir plus de maturité que les gens qui la gouverne sur ce sujet » réagit Isabelle Dacheux, présidente d’EIFEIL. Elle épingle au passage la ministre sur « un manque cruel de soutien aux distributeurs, managers, diffuseurs… et éditeurs de musique indépendants dont vous ne faites jamais référence dans vos propos, tout aussi touchés par la crise du disque et de la diffusion, alors qu’ils sont les premiers soutiens actifs au démarrage de la carrière d’un artiste, souvent bien avant un premier album produit » et l’interpelle sur son envie de défendre le secteur musical, « envie qu’il serait bon de commencer à manifester avant qu’il ne soit trop tard ». 

Sur la question du financement du CNM, elle interroge la ministre sur le traitement inégal existant entre le cinéma et la musique : le CNC perçoit une taxe d’ 1,25 milliards d’euros par an en provenance des FAI (pour 800 M€) et des chaînes de télévision (pour 450 M€), « ce qui lui permet d’aider la production cinématographique française à hauteur de 550 millions d’euros annuels, et lui laisse un bénéfice annuel de 700 millions euros » alors  que la musique ne perçoit rien de la part des FAI ni d’autres secteurs. « Pourquoi ? Est-ce normal  selon vous ? Les FAI ne seraient ils aucunement concernés par l’industrie de la musique ? » demande Isabelle Dacheux. « Un huitième de ces bénéfices pour la création du futur CNM sera déjà une excellente façon de commencer à sanctuariser notre filière sans appauvrir personne ni avoir à opérer des arbitrages budgétaires ministériels ». D’autant qu’Aurélie Filippetti déclarait dans son interview au Monde qu’il fallait « développer une fiscalité équitable entre les acteurs du numérique et les acteurs traditionnels de la culture ».

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