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Marché du disque : la production et l’emploi dans le rouge

11 Septembre 2008 , Rédigé par Gildas Lefeuvre Publié dans #Economie & marché

 

Les effets de la crise sur la production sont flagrants. L’écart par rapport à la situation constatée en 2001 est saisissant. La tendance est continue. « Le premier semestre 2008 enregistre une chute assez brutale de la commercialisation d’albums de nouveaux talents (-16%) et plus particulièrement des premières commercialisations (-30%) » relève le Snep. Ses « tableaux de bord de la production » affichent leurs plus mauvais résultats depuis leur création. La chute du nombre de singles commercialisés s’élève à  44 % et affecte un peu plus fortement les singles francophones (-46%) que les singles internationaux (-42%). Les nouveaux talents francophones perdent du terrain : ils ne représentent plus que 10 % des commercialisations d’albums et 23 % des commercialisations de singles, contre respectivement 15 % et 27 % en 2006. Le nombre de nouvelles signatures se réduit encore alors que, dans le même temps, le nombre de contrats rendus augmente. Ainsi le solde des signatures (nb nouveaux contrats moins nb contrats rendus) s’est considérablement réduit, passant de 68 en 2002 à 34 en 2006, puis 11 en 2007 pour se chiffrer à… seulement 2 sur le premier semestre 2008. Les investissements marketing et promotion suivent le mouvement, chutant de 24% depuis un an. Cette baisse entre le premier semestre 2007 et le premier semestre 2008 affecte, là encore, davantage le répertoire francophone (-31 %) que les artistes internationaux (-23%).

 

EVOLUTION (PREMIERS SEMESTRES)                          2001         2007        2008       2008/2001

                                                                                                                                      

Nb total d’albums commercialisés

1332

631

580

-56%

Nb d’albums de variété francophone commercialisés

250

122

112

-55%

- dont nouveaux talents

99

73

61

-38%

- dont premières commercialisations

56

47

33

-41%

Nb d’albums de variété internationale commercialisés

710

308

261

-63%

Nb de compilations commercialisées

372

201

207

-44%

 

 

 

 

 

Nb total de singles commercialisés

528

151

85

-84%

Nb de singles de variété francophone commercialisés

243

68

37

-85%

 - dont nouveaux talents

121

36

20

-83%

 - dont premières commercialisations

57

22

12

-82%

Nb de singles de variété internationale commercialisés

285

83

48

-83%

 

 

 

 

 

Nb de nouvelles signatures

81

48

43

-47%

- dont nouveaux talents

75

43

40

-47%

- dont première signature

60

29

28

-53%

Nb de contrats rendus

36

37

41

+14%

- dont nouveaux talents

31

31

35

+13%

- dont première signature

17

23

19

+12%

 

 

 

 

 

Total investissements marketing/promotion (M€)

66.1

48.3

36.6

-45%

- dont investissements variété francophone

33.6

31.2

21.4

-36%

        - dont nouveaux talents

14.2

11.6

10.7

-25%

- dont investissements variété internationale

19.5

11.4

8.7

-55%

- dont investissements compilations

13.0

5.7

6.5

-50%

 

Concernant l’emploi, 50% des permanents ont disparu en 5 ans, souligne Christophe Lameignère, président du Snep et PDG de Sony BMG France. « Tous les métiers de la filière, même extérieurs aux maisons de disques, souffrent : graphistes, producteurs de clips, studios d’enregistrement… ». Quant aux mécanismes mis en place pour aider les entreprises en cette période difficile, il n’en cache pas les limites. « Le crédit d’impôt s’organise. Mais j’ai calculé qu’en tant que Sony BMG, qui fait 25 % du marché, je vais toucher 400 000 euros... Ce sont des miettes. C’est le prix d’enregistrement de 2 albums ou d’une campagne télé. Cela ne nous aide pas beaucoup dans le quotidien » commente-t-il, en s’étonnant que le soutien de l’Etat ne soit pas plus conséquent.


Interrogé sur l’avenir du marché, Christophe Lameignère pressent que le bout du tunnel n’est pas encore pour demain mais veut cependant rester optimiste : « On sait qu’on va retrouver la santé pour une raison simple : la musique est indispensable à la société. Nous avons perdu 50 % de notre chiffre d’affaires en 5 ans, mais on consomme 3 ou 4 fois plus de musique qu’avant. Malheureusement le budget consacré à la musique se réduit comme peau de chagrin. Il faut convaincre les consommateurs de migrer vers l’offre légale et s’assurer que les revenus soient à la hauteur car nous avons un problème de valorisation du prix de la musique ». Le PDG de Sony BMG France mise surtout sur la diversification progressive et la multiplicité des revenus : « Il n’y a pas un business model qui va sauver l’industrie du disque, et les industries de contenu en général, mais une multiplicité de modèles qui vont cohabiter ». Et de souligner que son vrai credo reste le développement d’artistes.

 

 

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