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On en parlait depuis des lustres, on l’attendait depuis 14 ans, on la négociait depuis 6 ans… Au terme d'une négociation menée
depuis octobre 2002 sous l'égide du ministère du Travail (et poussée par celui de la Culture), les partenaires sociaux de l'industrie musicale sont parvenus le 30 juin à un accord historique.
Signée, ou sur le point de l’être, par l'ensemble des organisations représentatives de salariés et les deux organisations patronales (Snep et Upfi), cette convention sur laquelle planchait une
commission mixte paritaire encadre aussi bien les conditions de travail et de rémunération que le recours à l'intermittence, le financement, l'accès à la formation professionnelle et la
prévoyance.
L’avancée la plus conséquente concerne la rémunération des musiciens : ils percevront désormais, au delà du cachet de base, un intéressement au chiffre d'affaire du secteur et un pourcentage des droits perçus par les producteurs. Soit une revalorisation de leur cachet d’enregistrement de l’ordre de 30 % (pour tenir compte des ventes en ligne), une rémunération pour les showcases, etc. « Ce dispositif novateur est sans équivalent en Europe » souligne le ministère de la Culture. « Ces rémunérations constituent un effort important de la part des producteurs, notamment indépendants, alors qu’il devient de plus en plus difficile de rentabiliser la production d’un album dans le contexte du marché actuel. La présente convention va ainsi permettre de renforcer les liens entre les artistes musiciens et les producteurs » commente l’Upfi. Les maisons de disques verseront par ailleurs 1% de leur chiffre d’affaires à un fonds social géré par Audiens, avec pour objectif d’aider les musiciens en difficulté.
La convention comporte aussi un protocole additionnel qui facilite l'exploitation des enregistrements les plus anciens, dans l'intérêt commun des musiciens et des producteurs. Ces derniers ont obtenu la détention des droits d’exploitations secondaires des enregistrements fixés en France avant 1994, moyennant un dédommagement forfaitaire en faveur des interprètes. « Les consommateurs seront également gagnants, puisque ce protocole leur permettra d’accéder à des œuvres inexploitées qui dorment dans les catalogues des maisons de disques » fait valoir le ministère de la Culture.
Rappelons que, depuis la dénonciation en 1994 des accords cadres qui liaient les producteurs et les salariés (artistes, musiciens, techniciens) depuis 1969, plus aucun accord n’existait entre les
syndicats d’employeurs et de salariés, et qu’en l’absence d’une convention collective propre, l’industrie musicale appliquait le plus souvent celle de la sidérurgie, héritée de la grande époque
du pressage de disques. L’industrie du
disque dispose donc désormais de sa première convention collective qui, si elle constitue un progrès pour l’ensemble des salariés concernés (estimés entre 2000 et 3000 aujourd’hui), arrive bien
tard – ne manquent pas de noter bon nombre d’observateurs – pour une filière frappée par la crise et qui a perdu la moitié de son chiffre d'affaires et de ses effectifs au cours des cinq
dernières années. La ministre de la Culture Christine Albanel considère que, dans ce contexte difficile, la convention constituera un outil de modernisation décisif pour les entreprises de ce
secteur.
L’Upfi, qui a signé l’accord, indique au Gouvernement que « face aux engagements volontaires pris par les producteurs de musique, il importe maintenant que les mesures de soutien très attendues par la filière musicale (extension du crédit d’impôt, ré abondement du fonds d’avance à hauteur de 6 millions d’euros, adaptation des Sofica à la production phonographique …) soient mises en place rapidement ».
La convention sera applicable début 2009 par les membres du Snep et de l’Upfi. La procédure de validation devra passer par un "arrêté d’extension" pour permettre son extension à l’ensemble du secteur phonographique.
Blog de Gildas Lefeuvre
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Gildas Lefeuvre est depuis une vingtaine d’années un observateur privilégié de la filière musicale, de son marché et de ses tendances, de ses enjeux et de ses mutations.
Journaliste spécialisé, il a collaboré à de nombreuses publications B to B, dont Show Magazine, le Bulletin des Rotations, Radio & Musique Info, Radio Activité (Québec), Ecran Total, Notes (le magazine de la Sacem), L’Année du Disque, Francophonie Diffusion, Visa Permanent et Midem News. Il a lancé le bulletin Obs Line et fut rédacteur en chef de La Lettre du Disque avant d'assurer la rédaction en chef et la direction de la rédaction de Musique Info de 2001 à 2006.
Gildas Lefeuvre est par ailleurs auteur de l'ouvrage "Le producteur de disques" (Editions Dixit, 1994 et 1998). Fondateur de l'Observatoire du Disque et de l'Industrie Musicale en 1995, il a réalisé plusieurs études, notamment pour Zone Franche, l'European Music Office (Bruxelles) et le Sppam (Syndicat des producteurs de programmes audiovisuels musicaux).
Fréquemment sollicité pour des tables rondes, l’animation d’événements professionnels ou des conférences (Trempolino, PopKomm, mission économique de l’Ambassade de France à Séoul, Club Culture & Management, Electronic Business Group, BNF, Mimpi, EAC, PMC, Protoclip, Sacem, CNV, MaMA…), il mène aussi des actions de formation sur la filière musicale depuis une vingtaine d’années (Inirep d'Issoudun, Irma, EAC/Artis, Sorbonne Audiovisuel, Adiam 78, Fac Censier, Itemm, Virgin Academy, Domaine Musiques, Pitch Music Center, Addav 56, Culture & Développement…), en France et en Afrique (Abidjan, Ouagadougou, Lomé, Cotonou).
Gildas Lefeuvre est également consultant. Au cours de son parcours, des sociétés telles MCA International, M6, DocuSoft, FKGB, Arcade, Dial, BMG France, Virgin, CMI, les Editions Crayon Bleu, le Nomura Research Institute (Japon), musicMe, Universal Music, Reed Midem, diverses structures d'Europe de l'Est, des artistes, des porteurs de projets, des organismes professionnels et des parlementaires ont sollicité son expertise. Tout comme Reed Expositions France qui lui a confié la conception et l'organisation du programme de conférences du Salon de la Musique et du Son 2008.
Il a adopté depuis 2007 un positionnement atypique, se voulant à la fois transmetteur, agitateur d’idées et accélérateur de business. Œuvrant dans une logique de réseau sous l’intitulé de GL Connection, il se consacre principalement aujourd’hui à des activités de conseil, de formation, de coaching, de coordination de projets et d’accompagnement d’artistes.
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