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2010, année en demi-teinte pour la diffusion du spectacle vivant

6 Octobre 2011 , Rédigé par Gildas Lefeuvre Publié dans #Spectacle vivant

Après une année 2009 en trompe-l’œil, c’est une « année en demi-teinte » que constate le CNV, qui présentait le 13 septembre ses statistiques 2010 de la diffusion des spectacles de variétés et de musiques actuelles. Si les indicateurs étaient tous au vert il y a deux ans, « la hausse ne s’est pas poursuivie en 2010, tandis que se perpétuent les difficultés des petites et moyennes structures » résume Jacques Renard, directeur de l’établissement. Sur la base des données fournies par 2 969 exploitants de salles, producteurs ou diffuseurs, le « marché » du spectacle s’est traduit l’an dernier par 44 860 représentations et 20,4 millions de spectateurs pour des recettes de 611,3 millions d’euros. On notera donc, par rapport à 2009, la baisse de la billetterie (- 5%) et la stagnation de la fréquentation (+ 2%), malgré une hausse du nombre de séances (+ 7%, hors cabarets et revues). On notera aussi que les recettes du spectacle ont largement dépassé les ventes de musique enregistrée (554,4 millions d’euros en 2010).  

 

Nb de représentations

44 860

+ 7 %

+ 2% en 2009

Dont payantes

38 813

+ 7 %

 

Dont gratuites

6 047

+ 9 %

 

Nb total d’entrées

20 441 416

+ 2 %

+ 20 % en 2009

Dont payantes

18 803 549

+ 2 %

 

Dont gratuites

1 637 867

+ 7 %

 

Recettes*

611,3 M€-

- 5 %

+ 40 % en 2009

 (*) Billetterie (598,7 M€) + contrats de cessions hors taxe (12,6 M €).

 

Le nombre d’entrées par représentation est de 527 (dont 484 payantes) avec un prix moyen du billet hors taxe de 32 €. Mais ces moyennes masquent de très fortes disparités (en fonction des déclarants, des types de spectacles, de leur contexte de diffusion…), souligne le CNV en indiquant que 56 % des représentations font moins de 200 entrées et que le prix médian du billet est de l’ordre de 12 €. Disparités également quant au montant des contrats de cession (pour les représentations gratuites), il s’élève en moyenne à 2 085 euros hors taxe, mais la médiane s’établit à 850 euros.

Moindres résultats des grosses productions 

Le CNV souligne aussi de moindres résultats pour les « grosses productions » (qui réalisent plus de 5 M€ de recettes). Les spectacles proposés à plus de 60 euros le billet ont, malgré une hausse de leurs représentations de 16 %, vu leur fréquentation et leurs recettes de billetterie divisés par deux. « Nous constatons un glissement vers des jauges de salles plus petites, des tarifs moins élevés et une fréquentation moyenne moindre », commente Jacques Renard. Les spectacles réalisant plus de 50 000 entrées ont chuté de 47 % en fréquentation, ceux qui réalisent entre 10 000 et 50 000 entrées stagnent, tandis que les spectacles de 100 à 200 entrées, et de 200 à 400, sont en hausse sensible.

Hors cabarets, revues et festivals, les 15 premiers spectacles - Christophe Maé, la tournée « Age tendre et tête de bois », Indochine, Marc Lavoine, Eddy Mitchell, Thomas Dutronc, Florence Foresti, Gad El Maleh, la comédie musicale « Mozart », Holiday on Ice, Lady Gaga, U2,  AC/D/C, Muse – concentrent 25 % de l’assiette pour 13 % de la fréquentation et seulement 2 % du nombre de représentations. Les 50 premiers déclarants concentrent 68 % de l’assiette mais seulement 13 % du nombre total de représentations. Les sociétés commerciales comptent pour 78 % de l’assiette mais les associations et le secteur public concentrent 55% des représentations. En termes de genres musicaux, chanson et pop-rock génèrent chacun plus du quart de l’assiette déclarée mais, à eux deux, seulement 1/3 du nombre de séances.

Quant aux statistiques par type de lieux, 41 % des représentations ont lieu dans des salles spécialisées dans les variétés et les musiques actuelles. Les dix lieux de diffusion déclarés réalisent 32 % de la billetterie, 21 % de la fréquentation mais seulement 4 % des représentations. Les festivals comptent pour 15 % de la billetterie et pour 20 % de la fréquentation totale (plus du tiers pour les genres jazz et musiques improvisées, musiques du monde et pop-rock). Enfin, l’activité est concentrée sur la région Ile-de-France, qui compte pour 48 % des représentations payantes et pour 36 % de la fréquentation totale.

Prudence dans les perspectives

Un constat « en demi-teinte » qui montre la fragilité intrinsèque du secteur, confronté à des phénomènes conjoncturels et aussi structurels. « Les professionnels, les pouvoirs publics et le CNV lui-même doivent redoubler d’effort pour préserver l’écosystème du spectacle vivant » commente Jacques Renard, qui relève que les réservations sont en baisse pour les gros spectacles à venir. Quant à dresser un premier bilan pour 2011, il veut rester prudent : « Nous tablons sur un budget à 22 M€ par précaution. On l’atteindra assurément. On s’attend à une année correcte, sans plus ». En attendant une année 2012 qui bénéficiera vraisemblablement de l’effet Johnny.

Enfin, « la question se pose, dans le contexte actuel, de la pertinence et de l’adaptation éventuelle de notre système d’aides » ajoute le directeur du CNV, en soulignant la politique de conventionnement qu’il a inaugurée cette année avec les collectivités territoriales (une première convention a été passée avec la région Poitou-Charentes, d’autres vont suivre). Entre temps, la question de la pertinence et de l’adaptation du système d’aides s’éclaire d’autres perspectives avec la création prévue du Centre national de la musique (CNM), qui pourrait reprendre l’éventail d’interventions du CNV.

 

 

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CGF 04/11/2011 12:30


N'est-ce pas toujours le même discours que chaque année le CNV ressort au travers de ses statistiques ?? Toujours les mêmes difficultés du secteur qui à force de persévérance ne devraient-elles pas
remettre en cause les actions de l'établissement ?