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EDITO : Faisons des FAI des contributeurs à la filière…

3 Juillet 2007 , Rédigé par Gildas Lefeuvre Publié dans #Points de vue

Newsletter n° 27  – Mardi 3 juillet 2007
Selon mes informations, l’affaire serait déjà tranchée. Les fournisseurs d’accès – déjà contraints à participer au financement de la télévision, via le Cosip (loi du 5 mars 2007) – seront taxés à partir du 1er janvier 2008 pour un taux allant – par tranches progressives – de 0,5 à 4 % de leur chiffre d’affaires. Et ce, en contrepartie d’un taux de TVA réduit. Selon un proche de l’Elysée, cette « taxe » serait gérée par le CNC, qui en reverserait une part au FCM pour la filière musicale. On parle de 16 millions d’euros, c’est-à-dire rien par rapport aux revenus de ces opérateurs, dopés par les contenus « consommés » via leurs tuyaux et services, et par rapport au manque à gagner qui affecte l’industrie musicale. Tous sont unanimes à considérer qu’il faut prendre l’argent là où il est. Dès lors, pourquoi ne pas aller plus loin ? En 1985, l’arrivée de Canal Plus, qui bouleversait la chronologie des médias, avait secoué l’industrie du cinéma qui y voyait la fin du marché. Tout est rentré dans l’ordre dès lors que Canal est devenu producteur. La chaîne est aujourd’hui un pilier du financement du cinéma hexagonal. Actuellement, alors que Bruxelles épingle la France pour son protectionnisme en matière de jeux en ligne, le PMU se défend et, considérant qu’il ne saurait être assimilé à un vulgaire bookmaker, rappelle qu’il finance toute la filière hippique. Prenons justement cet exemple. 

Quoi de plus naturel que de financer largement la filière qui vous nourrit ! Pourquoi ne pas appliquer ce principe pour les FAI et opérateurs télécoms ? Plutôt que de parler de « taxe » ou de « redevance », termes à connotation coercitive qui hérissent les intéressés, pourquoi ne pas en faire des « producteurs » ? Non pas en les laissant choisir les productions ou champs dans lesquelles ils investissent – ce qui reviendrait à faire le métier des producteurs phonographiques – mais en les amenant à abonder conséquemment un fonds de soutien à la production musicale (le FCM serait tout à fait adapté pour gérer ce mécanisme). Ce qui règlerait, d’une part, la question du financement de la production de demain qui inquiète la filière et, d’autre part, celle de la « responsabilisation » des FAI et opérateurs télécoms. Laquelle deviendrait du coup naturelle et légitime, tout en redorant leur image. Ces nouveaux acteurs ne seraient alors plus considérés comme des prédateurs utilisant le contenu musical comme simple produit d’appel, mais comme des partenaires à part entière de la filière musicale, contributeurs à son développement, et oeuvrant dans des perspectives à long terme. L’idée en dérangera certains, séduira les autres. Elle mérite en tout cas réflexion…

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