Mercredi 23 mai 2007
Newsletter n° 19 – Lundi 8 janvier 2007
 
La chambre sociale de la Cour de cassation a tranché définitivement le conflit qui opposait Johnny Hallyday à son ancienne maison de disques, Universal, depuis la rupture de son contrat en 2004. Elle a rejeté, le 20 décembre, la demande de l’artiste qui souhaitait récupérer la propriété de ses enregistrements (près d’un millier de titres depuis 1961). Celui-ci estimait que la rupture de son contrat mettait fin à la cession de ses droits à la major. Le conseil des prud’hommes de Paris lui avait donné raison en première instance le 2 août 2004, ordonnant à Universal la restitution des bandes masters à Johnny. Mais le 12 avril 2005, la cour d’appel de Paris avait infirmé cette décision, considérant que le producteur reste « cessionnaire des droits voisins de l’artiste-interprète sur les enregistrements réalisés » et incitant les deux parties à régler leur litige à l’amiable. En vain puisque Johnny Hallyday s’était alors pourvu en cassation. La haute juridiction l’a débouté, jugeant que « sauf disposition contraire résultant de l’accord des parties, la résiliation d’un contrat d’enregistrement exclusif n’y met fin que pour l’avenir, de sorte qu’elle n’a pas pour effet d’anéantir rétrospectivement les cessions antérieurement intervenues sur les enregistrements réalisés en cours de contrat ».
 
Un soulagement pour les producteurs
Dans un communiqué, Universal se réjouit de cette décision : « Elle s’en réjouit pour les producteurs d’abord. Ceux-ci savent désormais qu’à la fin du contrat d’exclusivité passé avec leur artiste, ils ne perdront ni la propriété des enregistrements qu’ils ont produits et financés, ni le bénéfice des droits exclusifs d’exploitation ; ils savent aussi que les risques qu’ils prennent et les investissements de tous ordres qu’ils consentent sont ainsi justifiés ». L’Upfi, qui était intervenue volontairement dans ce procès aux côtés d’Universal pour défendre l’intérêt général de la profession, se félicite de cette issue. Le syndicat des indépendants souligne que « le producteur de phonogrammes est propriétaire des enregistrements phonographiques dont il assure à son initiative le financement et l’exploitation » et que ce droit de propriété revêt un caractère fondamental pour l’activité de la production musicale. « Lui seul permet d’assurer le développement de carrières d’artistes et de justifier les investissements importants assumés par les producteurs » ajoute l’Upfi.
 
Un autre volet aux prud’hommes
L’arrêt a aussi des conséquences financières puisque Johnny Hallyday devrait prendre à sa charge l’ensemble des frais de justice, de l’ordre de 800 000 euros. « C’est un arrêt décevant » a déclaré son avocat Me Abdelbaki Bouzidi, qui indique cependant que tout n’est pas terminé. « La première partie a été perdue mais le combat de Johnny Hallyday continue » a-t-il déclaré à l’AFP, évoquant un autre volet du dossier devant le conseil des prud’hommes. L’artiste, aujourd’hui âgé de 63 ans, estime avoir été exploité par sa maison de disques, considérant notamment que les prêts importants qu’elle lui avait accordé (plus de 15 millions d’euros en vingt ans, remboursés sur ses royalties) le maintenait dans un lien de dépendance. Une expertise est en cours. « Le préjudice tel qu’il est évalué actuellement est de l’ordre de 2 millions d’euros. Et normalement cette seconde partie devrait être beaucoup plus favorable à Johnny Hallyday » pronostique son avocat.
 
par Gildas Lefeuvre publié dans : Juridique
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Retour à l'accueil

Commentaires

Aucun commentaire pour cet article

GL CONNECTION

Blog de Gildas Lefeuvre
observateur de la filière musicale,
journaliste spécialisé, études et conseil, formation, coaching de projets, conception
et animation d'événements professionnels

Contact : 06 60 26 03 03 
gl@reseauglconnection.com 

RECHERCHE

COACHING DE PROJET

GL Connection élargit sa palette d’activités au coaching de projet. Cette initiative répond à diverses demandes et sollicitations. La crise de la filière musicale et les mutations induites par les nouvelles technologies placent de nombreux professionnels en situation de questionnement. Certains ont l’impression de tourner en rond, peinent à passer à un stade supérieur, s’interrogent sur leur devenir, se remettent en question, perdent leurs repères ou manquent de recul. D’où leur besoin d’être aidés dans leurs réflexions et leurs prises de décision.

A la différence du « conseil » ou du « consulting », le coaching de projets va plus loin. Il induit les notions de proximité, de suivi et d’accompagnement. 

Le processus, tel que pratiqué par GL Connection, passe par quatre phases :

un bilan de situation (acquis, réalités, environnement professionnel, tissu relationnel, ambitions, motivations).

l’étude du projet et son analyse (cohérence, ressources et potentialités, atouts et faiblesses, positionnement, identification des besoins, des blocages et des moyens), débouchant sur un diagnostic.

l’élaboration d'un plan d’action (définition d’objectifs à court, moyen et long terme, orientations, stratégie, optimisation).

le suivi et l’accompagnement du projet (avec possibilité, selon la demande, de mises en relation, recherche de partenariats…).

Gildas Lefeuvre met ainsi au service des professionnels sa capacité d’écoute, d’analyse et de synthèse et son expertise de la filière musicale. D’autres intervenants extérieurs pourront être sollicités selon les projets. Le but étant de catalyser, valoriser et optimiser, d’apporter un regard extérieur et pertinent pour placer les projets dans les meilleures conditions de réussite. De l’idée à la réalité…

Le coaching de projet concerne aussi bien des projets d’artistes (mais il ne relève pas du coaching « artistique ») – qu’ils soient en phase d’émergence, en cours de professionnalisation ou confirmés (orientation de carrière, repositionnement, changement de contexte professionnel) – que des créations de structures, des projets de développement ou de diversification, des initiatives innovantes, des montages d’événements ou des problématiques de communication.

GILDAS LEFEUVRE

Gildas Lefeuvre est depuis une vingtaine d’années un observateur privilégié de la filière musicale, de son marché et de ses tendances, de ses enjeux et de ses mutations.

Journaliste spécialisé, il a collaboré à de nombreuses publications business to business, dont Show Magazine, le Bulletin des Rotations, Radio & Musique Info, Radio Activité (Québec), Ecran Total, Notes (le magazine de la Sacem), L’Année du Disque, Francophonie Diffusion et Midem News. Il a lancé le bulletin Obs Line et fut rédacteur en chef de La Lettre du Disque avant d'assurer la direction de la rédaction de Musique Info Hebdo de 2001 à 2006.

Gildas Lefeuvre est par ailleurs auteur de l'ouvrage "Le producteur de disques" (Editions Dixit). Fondateur de l'Observatoire du Disque et de l'Industrie Musicale en 1995, il a réalisé plusieurs études, notamment pour Zone Franche et l'European Music Office (Bruxelles).

Fréquemment sollicité pour des tables rondes et  colloques, l’animation d’événements professionnels ou des conférences (Trempolino, PopKomm, mission économique de l’Ambassade de France à Séoul, Club Culture & Management, Electronic Business Group, BNF, Mimpi, EAC...), il mène aussi des actions de formation sur la filière musicale (Inirep d'Issoudun, Irma, EAC/Artis, Sorbonne Audiovisuel, Adiams, Fac Censier, Itemm, Virgin Academy, Pitch Music Center, Addav 56…).

Gildas Lefeuvre est également consultant. Au cours de son parcours, des sociétés telles MCA International, M6, DocuSoft, FKGB, Arcade, Dial, BMG France, Virgin, CMI, les Editions Crayon Bleu, le Nomura Research Institute (Japon), musicMe, Universal Music, diverses structures d'Europe de l'Est, mais aussi des artistes, des porteurs de projets, des organismes professionnels et des parlementaires ont sollicité son expertise.

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

ESPACE FORMATION

FORMATION A DISTANCE

GL Connection innove en lançant une offre de formation à distance sur l’industrie musicale. Destinée à tous ceux qui ne peuvent se libérer pour assister à des journées de formation et permettant de mieux « digérer » les informations avec de nombreux documents pédagogiques à l’appui, elle apporte une vision globale et complète du secteur, de son fonctionnement, de son économie et de ses enjeux. Elle est découpée en 12 « chapitres » : Historique – Filière – Cadres juridiques, propriété intellectuelle, droit d’auteur et droits voisins – Economie, consommation et marché – Production, développement d’artistes – Exploitation et diffusion – Spectacle vivant – Aides et financements, dispositifs de soutien et d’accompagnement – Nouvelle donne numérique et mutations – Clés pour naviguer dans la filière, développement de projets, intelligence relationnelle – Export, développement international – Initiatives innovantes.

Cette formation se déroule sur 3 mois, à raison d’un chapitre envoyé par mail ou par courrier chaque semaine, richement documenté (schémas, fiches, documents de synthèse, état des lieux, analyse des problématiques et enjeux, contacts…). Elle est complétée par des mises à jour régulières, et un service de conseil par téléphone ou par mail. Son coût de lancement est de 180 euros TTC (soit 60 euros par mois, 20 euros par chapitre). Inscriptions et renseignements : gl@reseauglconnection.com.

 
Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus